













Jubako (boîte empilable) en porcelaine sometsuke (bleu sous couverte), décor d’oiseau et fleurs de prunier, ére Meiji
Cette remarquable pièce de 1883 (ére Meiji, 1868 - 1912) illustre le raffinement des arts décoratifs japonais à la fin du XIXe siècle. Réalisé en porcelaine Imari et décoré selon la technique du sometsuke (bleu sous couverte), ce jubako (boîte japonaise empilable) à quatre compartiments surmontés d’un couvercle combine l’élégance de son décor à la sobriété de sa palette bleu et blanc. À la fois objet de collection et pièce décorative, il conserve aujourd’hui une présence étonnamment contemporaine, tout en témoignant du savoir faire des grands ateliers de porcelaine japonais de cette période.
La technique et le décor
Cette pièce est réalisée en porcelaine Imari décorée selon la technique du sometsuke (bleu sous couverte), l’un des procédés les plus emblématiques de la céramique japonaise. Le décor est appliqué au cobalt directement sur la porcelaine crue avant d’être recouvert d’une glaçure transparente puis cuit à haute température. La cuisson révèle alors les différentes nuances de bleu, allant de lavis presque translucides à des accents plus soutenus.
Le terme Imari désigne les porcelaines produites dans la région d’Arita, dans l’actuelle préfecture de Saga, et historiquement expédiées depuis le port d’Imari, qui leur a donné leur nom. À l’ére Meiji (1868-1912) cette tradition de porcelaine reste l’un des grands marqueurs du savoir faire céramique japonais, aussi bien pour le marché intérieur que pour les collectionneurs. Les décors exécutés uniquement en bleu de cobalt sur fond blanc comptent parmi les expressions les plus appréciées de cette production, associant virtuosité du dessin et élégance de la composition.
Au cours de l’ére Meiji les ateliers de porcelaine japonais perpétuent une tradition déjà ancienne tout en développant des pièces d’une grande qualité destinées aussi bien à l’usage quotidien qu’aux commandes plus prestigieuses. La maîtrise du dessin sous couverte constitue alors un signe de savoir faire particulièrement recherché. L’exécution de ce jubako illustre parfaitement cette recherche de précision et d’équilibre.
Le décor se déploie de manière continue sur les quatre compartiments et le couvercle, formant une composition unique qui se révèle pleinement lorsque le jubako est assemblé. Un oiseau apparaît parmi les branches d’un prunier (ume) en fleurs. Dans la culture japonaise, l’ume est associé au printemps, à la persévérance et au renouveau. Le dessin exploite avec finesse les différentes intensités du cobalt, alternant larges passages de bleu nuancé et tracés plus délicats pour les branches, les fleurs et les feuillages. Cette maîtrise du décor confère à l’ensemble profondeur, mouvement et cohérence visuelle.
La forme elle même participe à la force visuelle de l’objet, qui est par ailleurs lourd. Les quatre compartiments sont surmontés d’un couvercle fortement galbé dont la courbe accompagne le développement du décor. Le compartiment inférieur repose sur quatre pieds intégrés qui assurent stabilité et élévation tout en renforçant la silhouette architecturée de la pièce.
Traditionnellement un jubako (boîte à compartiments superposés) est utilisé lors des repas festifs pour présenter différentes préparations culinaires réparties dans plusieurs compartiments. Aujourd’hui, cette pièce ancienne constitue avant tout un remarquable objet de collection. Son décor bleu et blanc, d’une grande sobriété, lui confère une présence visuelle à la fois très japonaise et étonnamment contemporaine. Elle peut naturellement être présentée comme une œuvre décorative à part entière, mais également trouver un usage quotidien comme boîte de rangement pour accueillir divers objets.
Présentation
Cette lourde pièce est accompagnée de son très beau jidaibako (boîte d’époque) réalisée sur mesure. L’inscription portée sur la boîte mentionne la datation Meiji 16, qui correspond à 1883.
Informations pratiques
Lieu de fabrication
Japon
Dimensions
Hauteur 26,8 cm - Largeur 16,4 cm - Profondeur 16,4 cm
Poids
Jubako et boîte de protection : 5,1kg
Matériaux
Porcelaine Imari
Période
1883 - Ére Meiji (1868-1912)
Condition
En bon état mais présentant quelques marques du temps conformes à son âge, qui participent pleinement à son caractère (petites tâches et éraflures). Ce jubako peut être présenté à Paris sur rendez-vous dans le cadre de son acquisition (contact@atelierikiwa.com).
SAVOIR-FAIRE
La laque traditionnelle japonaise, urushi, est issue de la sève de l’arbre à laque (Rhus Verniciflua), qui s’écoule après incision de l’écorce. C’est une matière très précieuse, un arbre ne donnera au maximum que 200ml de sève dans sa vie, qui est travaillée par des artisans spécialisés. Il faut de nombreuses opérations, lentes et minutieuses, et plusieurs mois de travail pour donner vie à des objets en laque véritable. C’est le plus ancien artisanat du Japon! Utilisé initialement pour protéger et imperméabiliser les objets, cet artisanat immuable est devenu un art d’une extrême sophistication. Si vous désirez en savoir plus sur l’art de la laque japonaise, vous pouvez lire notre article dédié >.
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CONSEILS D'ENTRETIEN
Nettoyer avec un chiffon très doux pour éviter les rayures, imbibé d’un peu d’eau tiède si nécessaire (ne jamais faire tremper ses objets en laque). Pas de micro-onde, lave-vaisselle, séchoir. Ne pas exposer à la lumière directe du soleil pendant un long moment (risque de décoloration). Si l’atmosphère est très sèche et très chaude, et pour éviter les risques de craquelures, on peut placer un verre rempli d’eau à côté de son objet en laque.
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