













Suzuribako (boîte japonaise d’écriture) du domaine de Tosa en laque urushi et or, décor kikkō ume ( hexagone et prunier) et kamon (emblèmes familiaux)
Ce suzuribako (boîte japonaise d’écriture) en laque urushi présente un remarquable décor de kikkō ume (motif hexagonal aux fleurs prunier) exécuté en maki e à la poudre d’or sur un fond nashiji (fond poudré d’or) d’une grande richesse. Réalisée pour un membre lié à la famille Yamauchi, ancienne famille daimyō (seigneur féodal) du domaine de Tosa, cette pièce associe kamon (emblèmes familiaux) historiques, motifs géométriques et fleurs de ume (prunier) dans une composition particulièrement raffinée. L’ensemble témoigne d’un travail de haut niveau, caractéristique des objets aristocratiques réalisés à la fin de l’époque Edo.
Contexte historique
Cette pièce a appartenu à la famille Yamauchi, qui gouverna le domaine de Tosa durant l’époque Edo et jusqu'à abolition du système féodal (en 1871).
Le domaine de Tosa correspond à l’actuelle préfecture de Kōchi, située sur l’île de Shikoku. Gouverné durant l’époque Edo par la famille Yamauchi, ce domaine occupait une place importante dans l’aristocratie féodale japonaise. Les Yamauchi furent notamment connus pour leur rôle politique à la fin du shogunat Tokugawa et durant la restauration de Meiji.
Le décor reprend plusieurs kamon (emblèmes familiaux) associés à cette lignée. On distingue notamment le Tosa gashiwa mon (emblème aux feuilles de chêne de Tosa), représenté à l’intérieur d’un cercle, ainsi qu’un décor de kikkō ume (motif hexagonal au prunier), motif traditionnel japonais associé à la longévité, à la prospérité et à l’élégance.
La présence simultanée de ces emblèmes et de cette provenance confère à ce suzuribako une dimension héraldique et aristocratique particulièrement intéressante.
Décor et techniques
Cette boîte est réalisée en bois recouvert de nombreuses couches de laque urushi japonaise. L’ensemble de la surface extérieure est traité en nashiji (fond poudré d’or), avec une modulation très subtile de la densité du poudrage. Certaines zones sont très chargées en poudre d'or tandis que d’autres laissent davantage apparaître la profondeur sombre de la laque, cette variation créant un bel effet de nuages.
Le décor principal se compose d’un vaste réseau de kikkō (motifs hexagonaux inspirés des écailles de tortue), à l’intérieur duquel apparaissent des fleurs de ume (prunier). Les motifs sont réalisés en maki e à la poudre d’or, technique consistant à appliquer de fines poudres métalliques sur la laque encore fraîche avant de fixer et polir progressivement le décor. L’ensemble présente un léger relief obtenu par superpositions successives de laque et de poudres, donnant aux motifs une présence discrètement modelée.
La composition alterne la rigueur des motifs géométriques et les effets plus libres du nashiji, créant un contraste raffiné entre structure décorative et profondeur de la laque.
Les kamon (emblèmes familiaux) appliqués sur le couvercle sont réalisés avec une grande sobriété graphique. On distingue notamment le Tosa gashiwa mon (emblème aux feuilles de chêne de Tosa) ainsi que le kiri mon (emblème au paulownia).
L’intérieur du suzuribako présente également un travail de nashiji particulièrement raffiné, couvrant l’ensemble de la surface intérieure d’un poudrage d’or dense.
Forme et usage
Le suzuribako est une boîte destinée à la pratique de la calligraphie japonaise. Il permettait de conserver les instruments nécessaires à l’écriture, notamment les pinceaux, l’encre solide, la pierre à encre et les accessoires liés à la préparation de l’encre.
Les suzuribako de haut niveau constituaient également des objets de prestige associés aux milieux aristocratiques et lettrés japonais.
Présentation
Cette pièce est accompagnée de son tomobako (boîte en bois) portant le nom de l’œuvre ainsi qu’une inscription historique mentionnant son lien avec la famille Yamauchi du domaine de Tosa.
Le sanadahimo (cordelette tissée) accompagnant la boîte de protection a été ajouté plus récemment.
Lieu de fabrication
Japon
Période
Fin de l’ère Edo (1603-1868)
Dimensions
Longueur 25,5 cm - Largeur 23 cm - Hauteur 5,6 cm
Poids
Suzuribako + tomobako : 1,7kg
Matériaux
Bois, laque urushi, poudre d’or
Condition
En très bon état malgré son âge. Petite réparation à la laque à un angle intérieur du couvercle, petits impacts sur 2 angles du corps et petites griffures sur le fond extérieur, le tout invisible lorsque la boîte est fermée. Ce suzuribako peut être présenté à Paris sur rendez-vous dans le cadre de son acquisition (contact@atelierikiwa.com).
SAVOIR-FAIRE
La laque traditionnelle japonaise, urushi, est issue de la sève de l’arbre à laque (Rhus Verniciflua), qui s’écoule après incision de l’écorce. C’est une matière très précieuse, un arbre ne donnera au maximum que 200ml de sève dans sa vie, qui est travaillée par des artisans spécialisés. Il faut de nombreuses opérations, lentes et minutieuses, et plusieurs mois de travail pour donner vie à des objets en laque véritable. C’est le plus ancien artisanat du Japon! Utilisé initialement pour protéger et imperméabiliser les objets, cet artisanat immuable est devenu un art d’une extrême sophistication. Si vous désirez en savoir plus sur l’art de la laque japonaise, vous pouvez lire notre article dédié >.
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CONSEILS D'ENTRETIEN
Nettoyer avec un chiffon très doux pour éviter les rayures, imbibé d’un peu d’eau tiède si nécessaire (ne jamais faire tremper ses objets en laque). Pas de micro-onde, lave-vaisselle, séchoir. Ne pas exposer à la lumière directe du soleil pendant un long moment (risque de décoloration). Si l’atmosphère est très sèche et très chaude, et pour éviter les risques de craquelures, on peut placer un verre rempli d’eau à côté de son objet en laque.
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